Lundi 15 mars 2010
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Le premier peut-être à avoir ressenti ce frémissement de la jeunesse de l’après-Guerre, ce retournement des valeurs et cette soif d’innocence, de groove et de plaisir qui est devenu le Modernisme
fut sans doute Colin MacInnes. Grand alcoolique, et grande folle devant l’Eternel, l’écrivain écossais a livré à la fin des années 50 une trilogie – Mr Love and justice, City of Spades et
Absolute Beiginners – qui est aussi un formidable état des lieux d’un Londres qui ne swingue pas encore. C’est bien sûr dans Absolute Beginners que McInnes pose un personnage qui
est un Mod sans étiquette, sans ce label qui, plus tard, viendra ranger sous la bannière de trois lettres un mouvement inclassable.
« Le mouvement de la jeunesse a connu sa pleine splendeur au moment où les mômes ont découvert que, pour la première fois depuis des siècles d'immobilisme, ils avaient de l'argent, une
denrée qui leur avait jusque-là toujours été refusée à la meilleure période de la vie pour en profiter, à savoir lorsque vous êtes jeunes et en pleine force, et aussi avant que la presse et la
télé ne récupèrent ce fantasme de la jeunesse pour la prostituer, ce que les croulants semblent faire avec tout ce qu'ils touchent. Oui, promis, tout cela avait une vraie beauté sauvage, cette
époque où nous avons compris que plus personne ne pouvait nous marcher sur la gueule parce que nous avions enfin du blé à dépenser, et que le monde allait être notre monde à nous, celui que nous
voulions et pas celui d'un autre, dont nous resterions sur le seuil, à attendre qu'on nous fasse l'aumône. »
Voilà le manifeste du héros d’Absolute Beginners, publié en 1959, et qui pourrait être celui de tous les mouvements de jeunesse qui ont suivi. Notre héros anonyme est photographe à la petite
semaine, il fréquente des blacks, des boîtes à jazz, rêve de Naples, d’argent facile et de bonheur simple, et a une chérie qui s’appelle Crêpe Suzette. Il nous ressemble, quoi…
Pour ceux que ça intéresse, le bouquin se trouve en Folio dans une traduction un peu vieillotte mais au charme rétro, sous le titre Les Blancs Becs.
Par François Thomazeau
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Vendredi 12 mars 2010
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08:22
Que ceux qui croient que ce blog parle d’un temps que les moins de 50 ans ne peuvent pas connaître se détrompent. Tenez ! Les BB Brunes n’ignorent rien du modernisme comme le démontre ce morceau Ma
Mods, preuve flagrante que le mouvement est loin d’avoir disparu en 67 ou en 83.
Oh tu sais peu m'importe, tu sais peu m'importe ce que tu me feras
J'veux juste être à la mode, juste être à la mode, à la mods, à la pointe
Car je serai pour toi Ma Mods, bien vêtu, bien à la mode
J'te promet, crois moi Ma Mods, comme tu, comme tu me voudras chantent nos petits gars. Et oui ! A la Mods, à la pointe... Ils ont compris le message. Bien sûr, leur influence est plus
Libertines que Jam ou Small Faces, mais l’héritage est là. Et quand j’ai vu, pour la première fois, leurs dégaines, leurs petits costards étriqués, leurs franges et leur énergie désordonnée, j’ai
souri... Pas mort l’esprit rebelle des blancs becs. ! On les écoute :
Par François Thomazeau
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Mardi 9 mars 2010
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Vous ne vous en êtes peut-être pas rendu compte, transis par le froid polaire, mais ce mardi qui s’achève était, année bissextile oblige, le 69e jour de l’année 2010.
Un prétexte comme un autre pour se repasser un classique du beau Serge.
La bise à tous (toutes).
Par François Thomazeau
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Mardi 9 mars 2010
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Il y a plein de raisons de parler de Sharon Tandy aujourd’hui. D’abord, c’est la journée de la femme. Ensuite – et on ne parlera bientôt plus que de ça – cette jolie
brune vient d’Afrique du Sud, pays qui va accueillir la Coupe du monde de foot. Mais aussi, elle fit à sa façon beaucoup pour le rapprochement entre les peuples en devenant la première chanteuse
blanche à signer pour le label Stax. Pasmal pour une Sud-Af. Enfin, Sharon groove et est accompagnée d’un des groupes culte de la musique moderniste, les Fleur de Lys, dont nous reparlerons
forcément. Son meilleur moment ? Hold on. Enjoy.
Par François Thomazeau
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Dimanche 7 mars 2010
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23:48
Que dire de nouveau sur Jacqueline Taieb sinon que son nom était un peu un anagramme de
"beat"? Depuis qu’il fut exhumé par des compils dans les années 90, récupéré par les Inrocks, repris par Tahiti 80, son sublime hymne à la paresse, 7h du matin, en dit bien plus long sur
la légitime panne d’oreiller post-dominicale que le Lundi au soleil de notre Cloclo. Voilà un tube autrement indémodable et donc Mod que le "sept heures du mat, j’ai des frissons"
de plus récente mémoire. Comme c’est lundi, qu’il fait froid et qu’on traînerait bien au lit... on se le repasse, et en anglais if you please, histoire de réviser un peu.
xxx. Enjoy.
Par François Thomazeau
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Samedi 6 mars 2010
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08:00
Len Price 3 est un power trio qui a au moins pour originalité de ne compter aucun membre qui s’appelle Len, ou
Price… Pour le reste, nos lascars du Kent sont les derniers représentants de ce sous-sous-sous mouvementicule de la sous-culture Mod connu (?) sous le nom de Medway Delta Sound. Il est vrai que
le Kent et les rives de la Medway ont donné au garage rock les Prisoners ou les Milkshakes et nos amis du Len Price 3, donc, qui semblent ne pas savoir que l’Angleterre a gagné la Coupe du monde
en 1966, restant solidement ancrés dans une tradition musicale disparue en 1965. Bref, s’ils refusent les références, nos trois garçons en marinière sonnent comme les Who sur les B-Sides de My
Generation ou les Kinks des tout débuts…
Leur album Pictures vient de sortir avec 45 ans de retard.
Enjoy :
Par François Thomazeau
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Vendredi 5 mars 2010
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22:54
Un truc rigolo à faire pour s’amuser, chercher le disque qui était numéro un dans les charts anglais le jour de votre naissance. Moi, c’était Wooden Heart d’Elvis, pas vraiment un des chefs d’œuvre du bonhomme. Guère mieux pour mon frangin, né un an avant moi, qui écope de Why d’Anthony Newley qui, à part être l’idole de Bowie, n’a guère laissé de traces. Pas de chance non plus pour ma frangine, née au son de The Carnival is over
des New Seekers, et qui si elle était née un tout petit peu plus tôt, aurait été bercée par le Get off my cloud des Stones, et un peu plus tard par le Day Tripper des Beatles…La date de naissance idéale pour un Mod ? Peut-être le
15 septembre 1966, date où All or Nothing des Small Faces atteint le numéro 1. Mais 66 reste, de toute façon, l’année lumière du modernisme et sans doute de la musique populaire tout
court….
Pour vous amuser à ce petit jeu, c’est ICI, et on peut même écouter la song en cliquant dessus !
http://www.theofficialcharts.com/all_the_no1_songs.php
Par François Thomazeau
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Jeudi 4 mars 2010
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19:59
Je passe rarement un week-end à Londres sans aller faire un tour au musée V&A, d’abord parce que c’est gratuit (pour les expos permanentes) comme la grande
majorité des musées londoniens, mais aussi parce que c’est tout près d’un des meilleurs indiens de Londres (Khan’s en face du métro South Ken). Enfin parce que les expos sont toujours
intelligentes, originales et modernistes en diable. Ces jours-ci le V&A rend hommage au photographe Harry Hammond au travers d’une expo intitulée « The birth of British rock » où
l’on retrouve tous les chaînons manquants entre les bluettes des 50s et les Beatles (Billy Fury, Adam Faith, Joe Brown, Marty Wilde etc…)
Harry Hammond nous a quittés il y a peu, tout comme Mick Green, le plus exceptionnel riffeur que j’aie jamais entendu. En double hommage, cette photo par Hammond de
Johnny Kidd, le fantastique rocker chez qui officiait Mick Green avant d’influencer quatre générations de guitaristes rageurs et économes.
Plus d’images ICI (tapez Harry Hammond dans la searchbox)
Par François Thomazeau
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Jeudi 4 mars 2010
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09:11
Bon, et le dernier Ocean Colour Scene alors ? Et bien, comme d’hab. Inégal…Nos vieux Mods nous imposent un peu de remplissage et puis, tous les trois morceaux,
une pépite comme ce Magic Carpet Days, leur dernier single, qui rappelle que, sur les ballades britpop à la sèche, ils ont toujours enterré Oasis. Bref, un album à télécharger
sélectivement, auquel on peut préférer largement le dernier Steve Craddock.
Joli petit clip débranché (unplugged, idiots, va…) à savourer.
Par François Thomazeau
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