Chapeau melon et bottes de cuir (The Avengers) est né trois mois avant moi, puisque le premier épisode de la série 1 a été diffusé le 7 janvier 1961 sur ITV. Pas étonnant que ce chef d’œuvre
télévisuel m’accompagne depuis au point que j’ai toujours essayé d’être aussi smart et cool que John Steed tout en recherchant une inaccessible Madame Peel. J’aime croire que le monde où vivent
John Steed, Emma Peel, Tara King ou Mère Grand est plus vrai que le nôtre. L’élégance et l’humour sont, après tout, des moyens plutôt moins ridicules que d’autres de sauver le monde.
Redécouverte depuis une dizaine d’années par les passionnés du freakbeat à la française, Victoire Scott reste une de ces énigmes comme les adorent les collectionneurs et les dénicheurs de vieux
vinyls. Si l’on connaît parfaitement bien tous les gens qui on travaillé avec elle sur tous ses enregistrements connus – cinq EPs chez DECCA puis CBS, un album -, on ne sait pratiquement rien
d’elle, son vrai nom, ou ce qu’elle est devenue depuis sa dernière trace discographique, le single Hey Mamma, reprise des Tremeloes avec en face B un joli titre (Brille, comme elle brille),
arrangé par Jean-Claude Vannier.
Pour les aficionados du psyché à la française, son chef d’œuvre reste son premier titre, Quatrième dimension, totalement ancrée dans une esthétique 1967-1968, avec visions sous acide et paysages
à la Chirico, Dali, Delvaux.
Comme la plupart de ses titres chez Decca, l’arrangement est dû à Jean-Daniel Mercier, alors arrangeur attitré d’Antoine, qui finira aux côtés de… Chantal Goya.
Le titre est dû à Christian Turban et Guy Bonnet, et sera repris à deux reprises dans les années 70 par le frère du parolier, Alain Turban, sous son pseudo d’Allain puis sous son vrai nom dans
une version disco (!?@#)
Parmi les nombreux collaborateurs de Victoire Scott, on retrouve Jean-Claude Darnal, qui écrira la plupart de ses textes, mais aussi Boris Bergman (De Londres à Paris).
Bon, j'ai jamais été un IMMENSE fan de Secret Affair, mais je dois avouer que j’ai très souvent Time for action dans la tête. Refrain imparable, hymne à reprendre en chœur, cri de ralliement
articulé autour de deux mots très Mod dans l’esprit, Time et Action (deux noms de groupes importants), je me le chantonne très souvent inconsciemment dans le feu de… l’action, bien sûr. Et puis
c’est vrai que leurs prestations scéniques avaient ranimé la flamme et fait redécouvrir tout un pan musical aux plus jeunes, et notamment en France. Alors on se le met, tiens…
Ancien chanteur de Love Affair (Evelasting love), Ellis, Scarlets et des Soul Survivors, Steve Ellis conserve une foi inébranlable dans le R&B de toujours et a sorti récemment un album
recommandable : Ten commitments, téléchargeable sur les sites habituels. Blue eyed soul, quand tu nous tiens. Le garçon – qui est aussi un des meilleurs amis de Roger Daltrey -, a pris
quelques rides, mais pas sa voix. Illustration avec cette vidéo d’il y a dix ans déjà, tournée lors d’un concert-hommage pour marquer les dix ans de la mort de Steve Marriott. Une version
d’Afterglow impeccable.
"Mods, la révolte par l'élégance", longtemps annoncé et plusieurs fois repoussé (ah les aléas de l'édition!), sort enfin le 27 octobre au Castor Astral. Disponible dans toutes les librairies et
sur les sites de vente en ligne habituels à partir de début novembre, donc.
C'est un ouvrage généraliste qui retrace l'histoire de cette culture, ses figures emblématiques, ses évolutions et son influence sur la mode, la littérature, le cinéma et la musique bien sûr. Les
puristes y trouveront sans doute à redire, chaque Mod pur et dur étant le seul dépositaire de la vérité - c'est aussi ça le Modernisme! -, mais pour les autres, il s'agira, je pense, d'une bonne
introduction à un mouvement et une manière d'être méconnue du grand public. Pas mal d'interviews exclusives, d'anecdotes et de suggestions musicales agrémentent un bouquin qui incitera chacun, je
l'espère, à aller plus loin. Et ce blog est aussi là pour compléter les lacunes d'un texte forcément réducteur.
« I’ll be on my way » de Bob & Fred est devenu un classique mythique de la Northern Soul, pour sa mélodie enlevée, ses arrangements classieux et son groove irrésistible.
Disque culte s’il en est parce que titre phare du discret catalogue Big Mack d’Ed McCoy, il reste encore aujourd’hui controversé. La légende prétend que Bob Thomas et Fred Brown passèrent trois
semaines en studio pour pondre ce petit chef d’œuvre dans les studios de Detroit de ce petit label poussant dans l’ombre de Motown. Mais qui sont Bob Thomas et Fred Brown ? Le deuxième est
l’homonyme d’un homme assez connu dans les milieux soul de Detroit comme patron des labels Kable et Mickay. Mais il n’a apparemment jamais chanté de sa vie, même s’il semble bien être l’un des
deux auteurs du titre…Quant à Bob Thomas, plusieurs chanteurs de groupes de doo wop de Detroit portent ce nom des plus communs. Alors ? Qui chante sur « I’ll be on my
way ? » Mystère. À l’époque, Ed McCoy, devenu aujourd’hui prêtre baptiste à Detroit, proposait à tout artiste en herbe d’enregistrer un disque moyennant 14,95 dollars. C’est sans
doute ce qu’ont fait ces deux inconnus. Sentant le potentiel du titre, Ed McCoy aurait alors ajouté des cordes et des cuivres à l’arrangement initial pour pondre ce petit chef
d’oeuvre. L’auteur de l’arrangement phénoménal de ce morceau est plus facilement identifiable : il s’agirait de Miller Brisker, saxophoniste de jazz qui accompagna notamment
Aretha Franklin avant de se lancer dans le free jazz dans les clubs de Detroit.
Vigon est un phénomène, une exception. Une sorte de Little Bob d’Agadir, animé depuis près d’un demi-siècle par une passion exclusive : le rhythm & blues. Avec ses Lemons, dont le
clavier était un certain Michel Jonasz, le garçon déménageait pas mal et même si ces débuts étaient parfois approximatifs, Vigon arrachait le morceau grâce à son énergie hors
du commun, un groove naturel et de l’âme à revendre. Les modernistes n'ont pas oublié qu’il chauffa la salle avant un concert des Who à Paris en 1966. Pourquoi Vigon d’ailleurs ? Parce que
le garçon, arrivé en France, ne savait pas prononcer « wagon »… Le train du R&B lui sauva la mise et en 1968, juste après la sortie de cette reprise du Harlem Shuffle de Bob &
Earl, notre garçon signait chez Atlantic, comme ses idoles, y entraînant Jonasz.
On met souvent en exergue les grandes sections rythmiques jamaïcaines et quelques guitaristes comme Ernest Ranglin, voire des souffleurs de talent comme Rico Rodriguez, mais le plus grand
organiste jamaïcain, le Jimmy Smith de Kingston puis de Toronto, où il s’exilera à la fin des années 60, est souvent oublié. Pourtant Jackie Mittoo, ancien membre des Skatalites, des Soul
Brothers et des Soul Vendors, est l’un des grands musiciens de la scène jamaïcaine des années 60 et 70. Il nous a quittés voilà déjà 20 ans. Écoutons donc son bel organ…
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