Lundi 14 novembre 2011
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Marsha Hunt est totalement occultée en France et pourtant, la mère du premier enfant de Mick Jagger (sa fille Karis) est une formidable chanteuse de R’n B, de funk et de rock et une sacrée bonne
femme à classer quelque part du côté de Gloria Jones, Betty Davis voire Nina Simone. En 1964, on la retrouve en fac à Berkeley à manifester contre la Guerre du Vietnam au côté de Jerry Rubin (Do
it !). Deux ans plus tard, elle part pour l’Angleterre, attirée par le Swinging London, et pour prolonger son visa, épouse Mike Ratledge, le pianiste de Soft Machine. Un mariage… euh..
blanc, qui dure depuis 40 ans, même s’il ne fut jamais consommé. Remarquée pour sa brève mais spectaculaire prestation dans Hair, elle devient un top model en vogue avec sa personnalité explosive
et sa coupe Afro. L’affiche de Hair version anglaise, qui la met en scène, fait le tour du monde
Même si elle estime n’avoir aucun talent musical, la voilà chanteuse avec le pape du blues anglais, Alexis Korner, puis avec Ferris Wheel. Elle se produit en 1969 au festival de l’Île de Wight et
cette même année, fait une rencontre déterminante, celle de Marc Bolan. C’est le coup de foudre immédiat, et Marsha reprend Desdemona, le titre que le futur T-Rex et Mod originel avait écrit pour
John’s Children. Toujours en 1969, elle sort son premier album, Woman Child, sur Track, le label des Who. On y trouve notamment Desdemona, Walk on gilded splinters et le
formidable Hot Rod Pappa, autre morceau de Bolan. À la production, Kit Lambert, le manager des Who, et Tony Visconti ! On la remarque aussi aux côtés d’autres figures familières aux
modernistes : John Mayall et Long John Baldry. C’est encore à cette époque qu’elle a une liaison brève mais intense avec Jagger, d’où naît leur fille Karis. La légende prétend que le Rolling
Stone écrira Brown Sugar en son honneur.
Virage funk avec le deuxième album, Attention, Marsha Hunt ! où la jeune femme se rase la tête et écrit ses propres textes. Enregistré également en 1973, l’excellent single « Oh no, not
the beast day ! » est produit par Steve Rowland.
Marsha continuera sa carrière pendant l’ère disco en Allemagne, sous la houlette de Pete Bellote, l’un des premiers producteurs de Donna Summer.
Par la suite, le cœur n’y étant plus, elle se consacre à sa carrière de comédienne, mais aussi et surtout à l’écriture, publiant son autobiographie et quatre romans.
Militante et engagée, elle se consacre activement à la défense des droits des femmes et des minorités, ainsi qu’à la lutte contre le cancer, une maladie qu’elle a elle-même combattue.
Elle vit aujourd’hui entre l’Irlande et la région parisienne.
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