Mercredi 20 janvier 2010 3 20 /01 /Jan /2010 18:39

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Très triste nouvelle. Mike "Ace"Evans, le bassite d'Action et de Might Baby est mort la semaine dernière d'une crise cardiaque. Il laisse le souvenir d'un bassiste inspiré, discret et mélodique et d'un bon géant calme et ondéré, converti après les années Might Baby à un Islam généreux et modéré sous le nom de Hajj Amin...

Ci-dessous une interview de Mike réalisé l'an dernier pour le livre "Mods, la révolte par l'élégance".

 

 

Comment en êtes-vous venus à la musique et comment êtes-vous devenu Mod ? Qu’est-ce que cela signifiait à l’époque ? Aviez-vous conscience d’être des pionniers en matière de musique, de mode et de style de vie ?

 

Comme pour beaucoup de jeunes de ma génération, la radio  était la principale source de musique, avec les premiers disques de skiffle et de rock comme Fats Domino, Chuck Berry etc.... Plus tard, j’ai découvert le blues et des gens comme Big Bill Broonzy, T Bone Walker... Je me suis intéressé à la mode dès l’âge de 13 ans, j’ai commencé à acheter des chemises et des vestes italiennes. Je ne me souviens pas que nous nous soyons nous-mêmes qualifiés de Mods. Nous essayions seulement d’être smart. Ce sont les médias qui ont créé le label Mod pour tenter de faire comprendre au grand public qui étaient ces jeunes gens qui avaient le même intérêt pour la musique, la mode, le style et rejetaient le passé. À cette époque, nous avions une plus grande liberté de choix. Nous avons eu la chance de vivre une époque qui nous laissait le temps et la place pour nous exprimer : le service militaire avait été supprimé et nous ne sommes pas partis à la guerre, contrairement aux Etats-Unis, d’où venait notre inspiration musicale et où les jeunes devaient faire face à la guerre du Vietnam et à la ségrégation raciale.

 

On parle souvent d’éthique Mod ou de philosophie Mod. Si cela existe, de quoi s’agissait-il ?

 

Juste après la Guerre, les libertés nouvellement acquises ont permis aux jeunes de se défaire du fardeau du passé. C’était une époque spéciale, intuitive, qui commence seulement à être comprise et décryptée aujourd’hui. S’il y avait une éthique, c’était d’affirmer notre style dans toutes les choses de la vie, et une détermination à faire changer les choses.

 

Pensez-vous qu’il est toujours possible d’être un Mod aujourd’hui et cela a-t-il un sens ?

 

Les Mods d’aujourd’hui vivent un peu dans un univers parallèle dont le postulat est : et si le mouvement Mod n’avait pas disparu ? Cela a le sens qu’ils veulent bien  lui donner. J’avoue qu’ils me bluffent. Non seulement ils ressemblent aux Mods des Sixites, mais ils incarnent le même état d’esprit et les mêmes attitudes. Mais je ne suis pas sûr que cela mène quelque part...

 

La musique d’Action a remarquablement bien vieilli, comme l’ensemble de la musique que vous aimiez à l’époque (Tamla Motown, Stax, les Who, les Small Face ou les Kinks) et vous êtes cités comme une influence par de nombreux groupes actuels. Pourquoi à votre avis ?

 

Je ne sais pas. Si c’est le cas, c’est un compliment à ce que nous avons essayé de réussir musicalement, même si nous n’avons jamais connu le succès des groupes que vous mentionnez.

 

Action a évolué vers le psychédélisme avec Mighty Baby, mais on ressent également une vraie influence du jazz. Cela remonte-t-il aux racines du modernisme, où le jazz était une influence majeure ?

 

C’était plus qu’une influence. C’était carrément notre direction musicale. Dès l’école, nous étions branchés modern jazz. Le psychédélisme était une tentative de fusion et de croisement entre le jazz, le folk, le rock  et d’autres formes musicales. Ce n’était pas nouveau, c’est un processus qui n’a jamais cessé. Les grands du jazz comme Coltrane, Mingus, Miles Davis et les autres ont toujours été à l’avant-garde de ce mouvement et c’est eux qui nous ont inspirés et poussé à expérimenter et à découvrir. Avec Action, nous étions une section rythmique avec des chanteurs, en tant que Mighty Baby, nous avons pris la liberté d’explorer et d’improviser.

 

Paul Weller dit souvent qu’il est un Mod pour la vie. Pensez-vous la même chose ?

 

Pas vraiment. Nous avons avancé. C’est l’époque qui nous a façonnés socialement et culturellement. J’espère seulement que nous avons conservé l’état d’esprit, l’attitude et l’attention aux détails qui étaient partie intégrante de l’éthique Mod.  

 

Une anecdote à partager avec nous ?

 

La première fois que nous devions jouer dans l’une des boîtes qui est devenue l’un de nos lieux préférés, The Birdcage à Portsmouth, nous sommes tombés en panne et ne sommes jamais arrivés sur place. Nous avons donc décidé de faire un concert gratuit un peu plus tard. Ce jour-là, nous étions attendus aux limites de la ville par une cavalcade de Mods à scooter qui nous ont escorté jusqu’à la boîte pour être surs que nous y arriverions cette fois...

 

REVOIR UN REPORTAGE SUR ACTION DE 1966

Par François Thomazeau - Communauté : webzine musical
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Commentaires

Ondéré?
Qu'il repose en P.
Commentaire n°1 posté par Bul le 21/02/2010 à 19h54
sad news.
Commentaire n°2 posté par christophe Schmitt le 20/01/2010 à 19h16

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